Les chroniques de Séréna. Episode 3



Séréna prend un piano sur la tête et s’en sort comme une reine (enfin presque…)

Dans cette chronique, j’ai eu envie de vous parler piano.

Ah bon? Séréna, maintenant tu fais des chroniques musique?

Mais, même si je connais la musique et que la musique est une source de bonheur dans la vie, je vais plutôt vous parler du genre de piano que l’on prend sur la tête, toujours par surprise, quand la vie complote sans nous consulter sur le sujet.

Un P.I.A.N.O: Phénomène Inattendu Anéantissant Négatif et Obligatoire.

En général, un piano nous prend toujours de cours. On fait notre vie, tranquillement, et il nous tombe sur la tête sans que nous ayons le moyen d’esquiver. C’est pourquoi ce phénomène est qualifié d’obligatoire et d’inattendu. Le piano peut prendre diverses formes: rupture, accident, décès, perte d’emploi, catastrophe naturelle…Et la seule chose que l’on comprend lorsque le piano atteint sa cible (nous), c’est que la vie ne sera plus jamais exactement la même. Le piano transforme.

Comment réagir? La sophrologie est d’une grande aide. Bien sûr, elle ne changera pas la réalité mais nous permettra de mobiliser des capacités d’adaptation. Tout d’abord, même si le choc est violent, il est préférable de permettre au corps de récupérer ou de maintenir un état d’homéostasie. Le premier outil pour cela, c’est la respiration. Cela paraît bête, mais, en cas de choc, la respiration s’accélère ou se bloque. Ne dit-on pas « avoir le souffle coupé »? Se concentrer sur le souffle est une solution efficace. On peut pratiquer la cohérence cardiaque:

https://www.youtube.com/watch?v=k86cAgkPXwM

Mais aussi tout simplement un sophro-déplacement du négatif, par le souffle. Cela ne fait pas disparaître le problème, mais nous permet juste de conserver de capacités de réflexion et de faire face.

Il existe beaucoup d’exercices de respiration en sophrologie, tournés vers le maintien d’un état d’équilibre dans le corps (battements cardiaques, rythme respiratoire, tension musculaire…)

Les exercices de relaxation dynamique du premier degré sont ceux à pratiquer dans ce cas là, notamment, avec l’idée de mettre à distance ce « piano ». Pour ma part, j’aime bien pratiquer le pompage des épaules ou le « karaté ».

Une fois que le piano nous est tombé sur la tête, on a tendance à ruminer, à se poser toujours les mêmes questions, à devenir obsessionnels. Tout ce qui peut faire taire le mental pendant un moment nous apporte la paix nécessaire pour prendre les bonnes décisions et avoir une vision la plus objective du problème, de ses enjeux. Je pratique la marche méditative pour cesser d’avoir « un petit vélo dans la tête ». C’est quelque chose de simple, qui associe le souffle et le mouvement et qui nécessite une vigilance accrue sur le corps, donc, le mental occupé à compter les pas, le souffle, occupé à maintenir l’équilibre et à synchroniser les actions, passe à autre chose. Et quel soulagement!

Mais, la sophrologie n’est pas là pour anesthésier les ressentis et les émotions. Le temps du choc, elle permet d’éviter d’être submergé. Ensuite, elle propose de les accueillir, de les écouter. L’idée, ce n’est surtout pas de dire « même pas mal! », mais bien au contraire, de laisser s’exprimer la tristesse, la peur ou la colère, puis, de s’attarder sur ce que ces émotions disent de nous, se demander quelles sont nos ressources, nos forces, parfois se demander comment elles peuvent se transformer, peut-être que la colère peut devenir une énergie qui pousse à l’action, une action constructive et nous donnera la force de surmonter les difficultés de la vie. La sophrologie, comme étude de l’harmonie de la conscience, restaure l’équilibre en s’appuyant sur la découverte et l’activation de nos ressources positives. Et surtout, elle fait en quelque sorte le « tri »: je ne suis pas mon émotion. Je suis triste, certes, mais, je ne suis pas ma tristesse. C’est un sentiment, une émotion, qui passe comme tout passe. Je suis un être en perpétuelle évolution, en mouvement et ce que je vis en ce moment n’est pas destiné à durer.

La sophrologie m’ancre dans le présent, mais, me propose aussi de me projeter dans un avenir, dans lequel les difficultés seront acceptées et surmontées. C’est avec bonheur que nous pouvons pratiquer les techniques de futurisation et activer nos capacités de confiance, d’harmonie, d’espoir, sachant que parfois, des pianos nous tomberont dessus, mais que nous ne serons pas anéantis, et que nous avons la force de nous relever, pas en faisant comme si de rien n’était, mais en ayant été attentif au phénomène produit, l’ayant intégré à notre histoire et dépassé.

Je vous laisse en compagnie de mon ami William, très efficace en cas de coups durs:

« Il n’est pas de nuit si longue qui ne voie le jour » MacBeth


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